sept
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med_cartier |
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Lundi 28 juillet 2008
Je suis dans le train pour Matsumoto. Tout va bien : un panneau d’affichage et un haut parleur annoncent les arrêts en japonnais et en anglais. Puis quelques arrêts après Tokyo, seul le chauffeur annonce les arrêts… en japonais. Les gares sont aussi écrites avec notre alphabet mais j’ai toujours la crainte d’avoir manqué Matsumoto. Le train étant en retard, je ne peux me fier à l’horaire d’arrivée.
Une fois à Matsumoto, je cherche le restaurant de soba (pâtes) indiqué par Lonely Planet. Plus d’une heure d’attente… Je me rabats sur un bento acheté dans un “convenience store” et me dirige vers le château. Je pique-nique sur un banc au pied du château et profite de la vue.

Visite du château et du musée puis retour à la gare. Je manque d’une minute le train express pour Nagano. Plutôt que de prendre le train express que j’avais initialement prévu et qui ne part que d’ici une heure, je me lance dans l’aventure en prenant un train local une demi-heure plus tôt. Il arrivera à Nagano cinq minutes avant le train express mais j’ai le temps d’admirer le paysage des Alpes japonaises.

Une frayeur tout de même, lorsque le train est reparti en marche arrière… avant de reprendre l’aiguillage menant à Nagano.

L’office du tourisme étant fermé, je dois me débrouiller pour trouver un hôtel. Naturellement, aucun panneau n’indique les tarifs, ni s’il reste des chambres. Je tente ma chance dans un hôtel proche de la gare recommandé par Lonely Planet. Complet. Ça s’annonce mal…
Je tente le second sur ma liste par secteur géographique : le hall est somptueux et j’ai du mal à croire qu’une chambre puisse coûter dans les 6 000 Yens. Effectivement, c’est 11 000 Yens ! Trop. Une chambre économique fait alors son apparition à 7 000 Yens. Je prends, pas très motivé pour partir à la recherche d’autre chose. Et je prends l’option petit-déjeuner japonais pour le lendemain matin.


Je me relaxe dans un bon bain et troque mes vêtements techniques contre un classique jean polo histoire d’être présentable. Il est déjà 20h, l’heure de dîner pensé-je. Mais c’est sans compter que Nagano est une ville morte la nuit : les restaurants sont fermés, sauf un, le vénérable hôtel Gohonjin Fujiya. Lassé des bentos (aussi variés soient-ils) je me laisse tenter. Je prends un menu et laisse libre choix à la charmante serveuse quant aux plats. Tout commence par un “carpaccio” de poisson. J’ignore quel poisson mais c’est fondant et délicieux. Suivent deux langoustines grillées puis une escalope milanaise à la japonaise. En dessert, une énorme pèche avec de la glace à la vanille et du coulis. La serveuse s’excuse encore de ne pas parler anglais. L’un des serveurs me dit que sa sœur habite Paris.
Je feuillète mon1 livre de phrases : “Go chi so sama” tandis que je règle l’addition. La serveuse est tout sourire que ce qu’elle a choisi pour moi m’ait plu.
Il est temps de rentrer à l’hôtel et de dormir. Finalement, Nagano c’est bien !
1. En fait le livre de phrases que Mike m’a prêté mais que David lui a laissé lors de son séjour au Japon, si j’ai bien compris.
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août
28
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Samedi 26 juillet 2008
Lever 9h. Je dois quitter l’auberge à 10h pour me rendre dans un ryokan, auberge japonaise traditionnelle. Après un petit déjeuner et une vérification de mes emails, il est environ midi quand j’arrive au ryokan, situé à seulement une centaine de mètres l’auberge. Ma chambre est par chance déjà disponible alors que l’enregistrement ne devait commencer qu’à partir de 15h. Je suis donc libre de quitter Ikebukuro pour aller visiter le sanctuaire Meiji-jingu, le parc Yoyogi et la gare de Shibuya. De nombreux spectacles et concerts ont lieu le long de l’avenue piétonne entre le parc Yoyogi et Shibuya.




Traditionnelle photo avec la statue de Hachiko (j’ai dû faire la queue, comme tout le monde), puis un rapide coup d’œil à la marée humaine du carrefour de Shibuya quand les feux piétons passent au vert et il est déjà temps de rejoindre Mike avec qui j’ai rendez-vous à la station de Harajuku.



Nous nous arrêtons boire un verre puis nous flânons jusqu’à Shinjuku, d’où nous retournons dans nos logements respectifs pour nous doucher et nous changer avant d’aller dîner.
Je retrouve Mike à Shinjuku et nous prenons le métro pour un endroit dont je ne me souviens pas du nom. Nous dînons dans un izakaya (la nourriture japonaise est variée et délicieuse1), nous arrêtons dans un magasin très japonais vendant de tout (des livres, des montres, de l’encens, etc.) mais il est déjà temps de rentrer car le couvre-feu d’une heure du matin approche !

Sans me perdre cette fois, je suis content de retrouver ma chambre, ses tatamis et son futon. Mais pour cause de décalage horaire, j’ai un mal fou à m’endormir.

1. Je ne suis pas fan de poisson. J’avais vraiment peur de ne pouvoir manger que des sushis ou des sashimis…
Dimanche 27 juillet 2008
Je quitte le ryokan pour retourner dans l’auberge dans laquelle j’étais l’avant veille. Je vais à la gare pour m’occuper de mes réservations de billets de train et retirer de l’argent (il est rare de pouvoir payer par carte bancaire).
Je trouve une laverie pour m’occuper de mes vêtements qui sont déjà tous sales1. Il fait chaud. Je lis pendant que le lave-linge tourne.


Mes avants-bras laissent des traces de sueur sur mes cuisses. Je dégouline. Les deux accessoires indispensables sont l’éventail (donné en cadeau publicitaire) et le mouchoir en tissu. La lessive terminée, je flâne, mange un bento, attendant de pouvoir m’enregistrer à l’auberge à 14h.
Ceci étant fait, je vais à Shinjuku pour voir les différents grattes-ciel et profiter de la vue depuis le haut du “Tokyo Metropolitan Government Offices.” Hélas ! Il pleut et la visibilité n’est pas bonne.
Le “cocoon building” est impressionnant.



De retour à Shinjuku, je me laisse tenter par des pâtisseries à base de crème et de haricots blancs et rouges. Ce n’est pas mauvais mais pas transcendant.
Je retrouve Mike vers 18h. Nous nous promenons autour de Shinjuku. Sous l’effet d’un orage le ciel se pare de jaune, de rouge et de rose. Des photos s’imposent !

Un coup de train plus tard nous mangeons des yakitoris, brochettes de poulet allant de la peau grillée au foie en passant par le blanc. C’est délicieux ! Nous mangeons assis sur des tabourets et une planche posée sur deux casiers à bouteilles fait office de table. Pas le plus confortable pour le pauvre occidental que je suis. Notre voisin nous fait goûter son plat, des sortes de miettes de poisson cru au goût très prononcé. Ca à l’air mangeable, mais pas un plein bol. D’après ce que je comprends il demande à Mike2 comment nous faisons pour manger habituellement avec des couverts et non avec des baguettes. La nourriture n’étant pas préparée de la même manière, il est difficile de manger un steak sans couteau avec des baguettes ! L’ambiance est très bonne mais il est temps de rentrer : Mike travaille demain et je vais devoir partir tôt (10h !) pour Matsumoto.
1. Pour me passer de bagage en soute et ne pas trop être chargé lors de mon périple, j’ai juste un sac à dos de taille moyenne contenant: un polo, un t-shirt, trois T-shirts en tissu technique, un jean, un short, un pantalon de randonnée, une polaire fine, un coup vent étanche, un sac de couchage ultra-compact (dont je n’ai pas eu besoin), une paire de chaussures de marche ou une paire de chaussures de ville (selon ce que j’ai aux pieds), une paire pantoufles blanche d’hôtel, un appareil photo, un ipod, leurs chargeurs, une lampe frontale, une boussole, un camelbak une paire de lunettes de soleil, deux serviettes de toilettes de randonnée, une trousse de toilette, cinq caleçons, cinq paires de chaussettes, trois stylos, un carnet, le tome 1 de Guerre et Paix, le Lonely Planet du Japon, le tout pour environs 9 kilogrammes!
2. Mike parle japonais. Moi pas.
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août
27
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Jeudi 24 juillet 2008
J’ai réglé ma montre sur l’heure d’arrivée quelques minutes après le décollage. 14h à Paris mais déjà presque l’heure de dormir à Tokyo (21h).
Le niveau de service du nouveau terminal de l’aéroport de Luxembourg m’a impressionné. Les hôtesses d’accueil viennent chercher leurs clients dans la file d’attente pour les conduire au bon guichet d’enregistrement. La sécurité propose les fameux sachets plastiques pour les affaires de toilettes et tout se passe avec le sourire.

A Paris c’est une autre histoire. Bloqués dans les embouteillages sur la piste, nous ne pouvons quitter l’avion que vingt minutes plus tard que l’horaire prévu. Puis des centaines de mètres marche entre le terminal 2D et 2F avec une avarice inexcusable en panneaux d’indication pour un aéroport international de ce rang. Puis vingt minutes d’attente pour passer la sécurité (c’est en net progrès, la dernière fois j’avais poireauté quarante-cinq minutes). Toujours le stress de manquer sa correspondance. Aéroports de Paris a - me semble-t-il - oublié que les passagers sont leurs clients et qu’à force de si peu de considération ils finiront par transiter ailleurs.
Enfin dans l’avion, seulement quelques minutes avant l’heure du départ officielle. Puis le commandant de bord d’annoncer que nous devons patienter encore un peu, des passagers étant dans l’attente de passer la sécurité. Arriver à 7h55 ou 8h30 ne change pas grand-chose à mon programme. Ma voisine arrive avec le groupe de retardataires. Une fois n’est pas coutume, elle est jolie et sympa. Bon choix pour une copine jetable1. Nous n’aurons guère l’occasion de discuter, passant la plupart du vol à dormir. J’avoue que le cumul de mes nuits de cinq heures m’a bien aidé. J’apprendrai juste qu’elle était étudiante au Japon et remarquerai qu’elle était anglophone.
Je prendrai tout de même le temps de regarder Paris, qui sans être un mauvais film est un mauvais Klapisch.
1. Disposable friend, Fight Club
Vendredi 25 juillet 2008
Arrivé à Narita vers 8h, le passage de l’immigration et de la douane se fait sans encombre avec une courtoisie équivalente à celle rencontrée à l’aéroport de Luxembourg. Après quelques hésitations et l’aide du personnel de Japan Rail, je trouve le guichet pour échanger mon bon contre le fameux Japan Rail Pass de 21 jours. Ils me donnent en même temps une réservation pour le Narita Express de 10h et quelques à destination d’Ikebukuro. En attendant, je réussi à acheter une carte de téléphone dans un Kiosk.

J’arrive aux environs de midi à la gare d’Ikebukuro. Les portes du train s’ouvrent, c’est la fin de l’air conditionné. Je suis assailli par la chaleur. Entre 35 et 40°C je pense. Instantanément, je me mets à dégouliner.
Lonely Planet1 indique deux “department store” (immenses centres commerciaux de neuf étages) dans lequels on peut entre autre trouver à manger. Les restaurants du dernier étage ne m’inspirent pas. Peut-être à cause de la nourriture en plastique plus vraie que nature dans les vitrines. Je me rabats sur le bentos du premier sous-sol où après une bonne demi-heure d’hésitations j’ose prendre une boîte qui à l’air appétissant.

Je retourne en pleine chaleur (les centres commerciaux sont climatisés) pour aller manger dans un parc à quelques centaines de mètres de la gare. Je retourne me perdre dans Seibu et Tobu (les deux department stores) puis dans les rues à la recherche de l’auberge.

Je réalise alors que je suis à l’est de la gare, tandis que l’auberge est à l’ouest. Il est 16h. Je prends une douche, me change et repars à l’aventure.

J’appelle Mike, un copain d’Antoine et de David2 qui habite Tokyo depuis trois ans. Il est en train de dîner. Je vais m’acheter un autre bento en attendant qu’il vienne à ma rencontre un peu plus tard.
L’absence de déchets dans les rues est surprenante mais l’absence de poubelles l’est encore plus.
Je rencontre enfin Mike. Nous nous promenons à Ikebukuro, puis à Shinjuku, nous arrêtant de temps à autre pour faire une pause et boire une bière.
De retour à Ikebukuro, j’oublie de tourner à un carrefour, et perdu, je dois retourner jusqu’à la gare pour retrouver mon chemin. Il est 1h30 quand je me couche. Quelle longue journée !
1. J’ai l’édition anglaise, d’où certains anglicismes ou traductions qui peuvent sembler étranges…
2. Pour ceux qui ne connaissent mes relations et pour faire simple: Antoine est le copain à qui je vais rendre visite à Kanazawa et le catalyseur de ce voyage au Japon. David est un autre de mes copains. Je les ai connus en math sup/math spé à la Prat’s à Cluny et les revois régulièrement en différents endroits de la planète.
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