Carnets de voyage 16 (fin)
13/07/2009Jeudi 14 août 2008
C’est déjà ma dernière journée complète au Japon ! Je réserve mes deux trains et c’est parti pour 6h de Shinkansen ! Après avoir rattrapé le retard dans l’écriture de ce journal, je discute avec ma voisine (parlant un anglais impeccable, chose rare dans le secteur) ou, pour être plus précis, je lui raconte mon voyage et mes impressions sur le Japon. Du coup je n’ai pas le temps de voir le trajet passer. Je lui laisse à tout hasard ma carte afin qu’elle puisse lire ce journal.
Dans le deuxième train, je suis intrigué par un groupe qui rentre avec des pagaies dans la voiture. Amusé, je me demande où sont leurs kayaks. Je ne savais pas non plus que les pagaies pouvaient être en fibre de carbone. Ils s’assoient à côté de moi et sur la rangée de derrière. Ma voisine porte un sac « Beijing 2008″, j’ai comme un doute, mais je crois plus en une coïncidence. Le doute est totalement levé quand des parents viennent avec leurs enfants pour les prendre en photo : il y a grande chance qu’il s’agisse d’une équipe féminine japonaise sélectionnée pour les Jeux Olympiques. Ils (il y a un homme, autrement ce ne sont que des femmes) sont extrêmement gentils avec les enfants et les taquinent quand ils passent tout intimidés près d’eux. Ma voisine passe son temps à dormir et pour rien au monde je ne veux troubler son sommeil. J’aime son parfum et sa peau a la même couleur que la mienne.
Elle part. Je ne sais comment l’encourager pour les épreuves qui doivent l’attendre. « Merde » risquant d’être mal interprété si compris, je me contente de la saluer quand nos regards se croisent et espère que mon message sera compris. Elle me répond par un sourire… quel sourire !
Arrivé à Tokyo, je cherche quelle ligne de train ou métro je dois emprunter. J’opte pour la classique Yamanote pour Ueno. Il y a une correspondance pour Asakusa et comme d’habitude je ne sais pas si cette ligne est opérée par Japan Rail et par conséquent compris dans mon pass. Je tente le coup. C’est non. Je décide de faire le trajet à pied (un gros kilomètre qui doit finalement en faire plus de deux). J’arrive à l’auberge, en nage. Pourtant il ne fait que 32°C aujourd’hui. Je pose mon sac, laisse tomber la douche car c’est l’heure du ménage, tente en vain de joindre Mike et part pour le temple Senso-Ji. Beaucoup trop de monde à mon goût.
Je prends le métro pour Ueno et me balade un peu dans le parc. Je regrette que le musée de Tokyo soit fermé depuis 1h car l’exposition temporaire a l’air intéressante. Beaucoup de sans-abris vivent ici, effectivement.
Direction Akihabara, histoire éventuellement de dépenser mes derniers yens, non sans avoir une pensée pour le massacre d’il y a quelques mois. Je penche pour une carte mémoire mais elles coûtent beaucoup plus cher qu’au Luxembourg (plus de 100 euros contre moins de 60 !). Je visite quelques magasins. Beaucoup de choix, énormément de touristes occidentaux, du personnel parlant toutes les langues, des rayons duty free avec des produits destinés à l’export (pour la garantie je suppose…). Je vois un kit de voyage pour chargeur Apple ; je cherchais ça depuis le début de mon voyage : il était temps ! A cela j’ajoute un filtre pour mon objectif (le filtre actuel étant rayé) et le compte y est. Rien d’extravagant même si tous les objectifs Olympus si difficiles à trouver en France sont tous disponibles. Je suis de toute façon trop chargé pour prendre un objectif supplémentaire. Je tente à nouveau de joindre Mike. Nouvel échec. Je repars pour Ueno. Cette fois Mike est joignable. Il travaille jusqu’à 22h. Je suis affamé et n’ai pas le courage d’attendre si tard. Nous irons boire un verre. Je cherche longuement un des restaurants recommandés par Lonely Planet (leurs cartes sont vraiment peu précises…) et ne regrette pas ma persévérance. Courageux mais pas téméraire, je prends le menu que recommande Lonely Planet pour les affamés. Je rentre à l’auberge, prépare mon sac pour mon départ du lendemain, prends une douche et remets mes vêtements sales afin d’en garder des propres pour l’avion. Je pars retrouver Mike à Shinjuku. Le temple bondé de cet après-midi est désert et éclairé. Superbe.
Une fois à Ueno dans le Yamanote, après 20 minutes de marche plus métro, je réalise qu’il me reste encore 30 minutes avant d’arriver à destination… et il est déjà l’heure de notre rendez-vous ! Regarder ma montre ne fait pas avancer le train plus vite… A 23h, Mike est toujours là à m’attendre avec un de ses copains (Craig si j’ai bien compris) mais ils ont bu la bière qui m’était destinée. Vu ma demi-heure de retard je ne leur en veux pas et suis plutôt content qu’ils m’aient attendu si longtemps. Je leur narre mes aventures tandis que nous allons dans un restaurant indien. Mike part demain pour Kanazawa chez Atsuko et Antoine : il était temps ! Peu après minuit, nous nous quittons. Le temps de rentrer, de régler mes 3 réveils à 5 minutes d’intervalle, de me doucher, il est presque 2h quand je me couche. Le lever à 6h va être difficile !
Vendredi 15 août 2008
Le premier réveil sonne, me tirant péniblement d’un sommeil profond. Je me bagarre avec les draps (je dois les rendre à la réception en partant) quand le deuxième réveil sonne et je lutte avec la porte quand le troisième retentit. J’espère n’avoir pas trop dérangé mes compagnons de chambre en partant. Je m’habille dans le couloir, décide de me raser et quitte l’auberge vers 6h30. D’un pas alerte je traverse le temple depuis lequel j’entends les prières des fidèles en l’absence totale de touristes. Encore un instant magique ! Je manque le train de 6h39 d’une minute. Je risque d’arriver à l’aéroport 19 minutes plus tard pour m’être rasé… Je ne renonce pas et prends le suivant. Je préfère attendre à la gare de ma correspondance plutôt qu’ici. Ce choix s’avère excellent car il me permet de prendre immédiatement le train que je voulais prendre initialement. Le train se remplit au fur et à mesure des stations. Certains voyageurs ont vraiment un barda incroyable. A l’arrivée le train est plein à craquer. Je récupère mes cartes d’embarquement, prends mon petit déjeuner en terrasse en regardant décoller les avions et les japonais se prendre en photo.
Il me reste 3000 yens à dépenser. Quelques livres de cuisine japonaise, des cartes postales et c’est parti… Je passe la sécurité puis l’immigration et monte dans l’avion. Je lis le Monde de la veille, regarde une partie d’Iron Man (nul à mon goût), Kunfu Panda (sympa) et Narnia (regardable), écris ce journal, lis… Pas question de dormir, il est 11h35 à Paris ! Après avoir lu le Figaro et un chapitre de Guerre et Paix (qui a vraiment souffert du voyage), je décide de regarder Lilo & Stitch, la bonne surprise de ce vol au niveau des films. Dans l’avion tout le monde (ou presque) passe son temps à dormir alors que c’est la journée tant au Japon qu’en France… Je pense que ça va être difficile pour moi après cette longue journée et cette courte nuit. Surtout qu’il paraît qu’il pleut au Luxembourg et dans l’est de la France. Encore 1h39 de vol : c’est long mais c’est trop court pour regarder un autre film. Un petit repas sort les voyageurs de leur torpeur pour un bref instant. J’en profite pour ouvrir le hublot : une mer de nuage à perte de vue plus ou moins dense par endroits. Magnifique vu du dessus mais ça doit être terrible en dessous.
FIN


















