Archives pour la catégorie 'Poésie'

Sanglant !

07/08/2010

Le vernissage

Il saisit une craie et trace le contour,
Doucement, à la main, de son antique amour.
L’artiste l’a tuée, entre ses doigts la coupe,
Brisée et fraîche encor de ses lèvres grenat,
Déverse le vin blanc sur le sol incarnat.
Personne n’est témoin de cet assassinat
Et le peintre est parti quand la foule s’attroupe !

Portraits

21/07/2010

Isabella et Claudia
(sonnet en décasyllabes)

Quand vous rêvez de complots amusants
Là, sur le sol, heureuses et couchées
Et dévorant des truffes par bouchées,
Sans hésiter on vous donne seize ans !

A la faveur des vins euphorisants,
Par les rancœurs, les bassesses fâchées,
Contre les gars, toutes deux éméchées,
Vous débitez des propos médisants !

J’appréhendais d’affronter les Furies ;
Mais je ne vis que vous, mes Égéries :
Une fleur mauve et des ongles d’azur.

De doux moments, un poème modeste,
Une photo suspendue à mon mur,
Des souvenirs, voilà ce qu’il en reste…

Chap’∫
(presque sonnet1 en alexandrins, écrit l’an dernier)

Un avion, par dessus, dans l’immensité grise
Me rappelle toujours ton précieux souvenir
Quand nous partagions tout sans soucis d’avenir :
La vie était alors une belle surprise.

Je t’écris ce sonnet, genre que l’on méprise,
Ou méprisait, à tort, il faut en convenir.
Alors je m’y remets, quoi qu’il puisse advenir,
Jusqu’à ce qu’à mon goût, j’arrive à sa maîtrise.

Regardes-tu encor les étoiles la nuit
Scintillant par milliers dans l’immensité noire ?
Je t’imagine alors couché dans ta baignoire.

Je suis admiratif : seul, surmontant l’ennui,
Tu as persévéré pour atteindre ton rêve.
En aurai-je le temps, notre vie est si brève ?

    1. Un sonnet doit être structuré ainsi : ABBA ABBA CCD EED ou CCD EDE, et non pas CDD CEE comme ici.

Giallo Ginestra

10/06/2010

Avec toi qui ravis et charmes mes voyages
Vendredi soir j’irai par les chemins bondés
En terre bourbonnaise où les blancs bovidés
Ruminent dans les prés et peuplent les bocages.

Que m’importe la pluie ainsi que les orages !
Nous roulerons ensemble, heureux et déridés,
Ignorant les radars et bravant les condés,
Au rythme de ta voix et de tes babillages.

Je préfère te voir dans l’éclat du soleil
Quand ta robe genêt rayonne sans pareil
Et que pour mon plaisir tu rugis et ronronnes.

Ma belle italienne, ouvre tout grands tes yeux
Et laisse de côté les intentions friponnes :
Le destin nous réserve un avenir joyeux !